Chasse d’orage du 28 juillet 2015

Texte :Mathieu Bordage et Pierre-Marc Doucet

Photos: Mathieu Lussier, Pierre-Marc Doucet, Jolyane Limoges,

Vidéo: Pierre-Marc Doucet, Mathieu Lussier

Membre présent: Pierre-Marc Doucet, Jolyane Limoges, Mathieu Lussier,

Scénario météo

Le potentiel de voir des orages violents était bien présent sur le Québec cette journée-la. Il y avait cependant une bonne ombre au tableau, un gros CAP. Le CAP est une inversion de température en altitude qui empêche la convection. Elle est représentée par la flèche rouge sur le téphigramme de Maniwaki.

WMW

Les autres ingrédients allaient être bon par contre. Représenté par la flèche bleue sur le téphigramme, on voit que les vents en altitude étaient assez forts du nord-ouest. Cela allait donner du bon cisaillement pour les orages, ce qui est un ingrédient clé pour la formation de supercellule.

Le graphique en haut à droite représente une coupe verticale des vents dans l’atmosphère. Celui-ci montrait un profil plutôt linéaire. Cela indique généralement que les orages vont avoir tendance à se scinder en deux. Cela rajoute une étape de plus pour le potentiel tornadique mais si les ingrédients sont bons, cela peut toujours se passer, dans ce cas-ci, surtout avec l’orage qui dévie à la droite du vecteur des vents de l’atmosphère.

Un faible front froid s’étendait aussi de l’Abitibi vers le lac St-Jean dans la journée. Des petits orages s’étaient formés dans la nuit sur ce front et avançaient vers le sud. L’influence de ce front qui était devenu quasi-stationnaire ne se ferait probablement pas sentir par contre. C’est plutôt une zone de convergence le long des montagnes bordant la vallée du St-Laurent qui servira de soulèvement pour notre orage.

Champ de cumulus en développement au nord-ouest du lac St-Pierre en milieu d’après-midi.

cumulus

Un peu plus tard, un orage était développement.

cumulus 2

Avec la chaleur et l’humidité qui donnait une bonne quantité d’énergie, tout était en place pour que des orages violents éclatent, si le CAP s’érodait. Les zones sur l’ouest du Québec étaient de plus en plus sous l’effet d’une crête qui apportait plus de chaleur en altitude. Cependant, une zone au centre sud du Québec, à l’est de Montréal, montrait des températures un peu plus froides en altitude, ce qui a permis au CAP de lâcher en fin d’après-midi. Voici la carte de 700mb (3 km en altitude) en soirée dans le sud du Québec, la pointe de la flèche rouge représente l’endroit en question.

Un CAP trop fort empêche toute convection, c’est vrai, mais un CAP qui lâche seulement par endroits, comme ce fut le cas cette journée-là, empêche aussi que trop d’orages se forment et se nuisent entre eux.

700mb

La prochaine carte est une carte de surface et montre dans le cercle rouge la zone à l’est de Montréal où les orages ont pris de la force en soirée. La flèche rouge montre la direction des vents en basse altitude alors que la flèche bleue montre les vents en haute altitude. On voit que les vents sont alignés de façon à ce qu’il y ait du tourbillon en montant dans l’atmosphère. Le cisaillement 0-6 km était d’environ 40 noeuds à ce moment, ce qui est parfait pour des supercellules classiques.

surface

Déroulement de la chasse

En milieu d’après-midi, lorsque les cellules ont commencé à se former près du lac St-Pierre, Mathieu Lussier part de Saint-Hubert en direction des orages qui se transforment en supercellule rapidement. Mathieu rapportait de la rotation à Sainte-Pie. Quelques minutes plus tard un entonnoir se forme sous le nuage mûr. Un peu avant, l’orage principal s’était scindé en deux, comme le suggérait le profil des vents cette journée-là, et la supercellule « right mover » prenait en force.

Quelques km plus loin, la même cellule donne de la grosse grêle. Entre 2 et 4 cm ! De plus des vents entre 100 et 120 km/h voire plus, par endroits. Plusieurs personnes ont rapporté des dommages dans les secteurs de Rougemont et les environs.

Jolyane Limoges et Pierre-Marc Doucet sont partis chasser tout de suite après avoir fini de travailler vers 18h30. En approchant de l’orage, ils ont pus voir un superbe mésocyclone. Celui-ci a produit un wall-cloud en rotation et possiblement un entonnoir qui a duré environ 2-3 minutes (à voir dans leur vidéo). Par la suite, ils ont suivi l’orage jusqu’à Cowansville et ont « core puncher » dans le RFD pour tenter de se rendre jusqu’à la base de l’orage. Celle-ci était à peine visible dans les précipitations et les vents qui soufflait environ à 70-80 km/h. Plusieurs petites branches cassaient sur la route à ce moment.

L’orage s’est finalement déplacé vers la frontière Américaine vers 20h00.

Environnement Canada avait émis des alertes d’orages violents pour plusieurs secteurs du sud du Québec avec une mention du risque de tornade.

Voici les photos de Mathieu Lussier.

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 Collaboration de Nicolas Lessard.

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Photos de Pierre-Marc Doucet et Jolyane Limoges.

photo

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Vidéo de la chasse de Pierre-Marc Doucet et Jolyane Limoges.

Vidéos de Mathieu Lussier.

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