Analyse du 20 Aout 2015.

CECI N’EST PAS UNE PRÉVISION MAIS SEULEMENT UNE ANALYSE D’UN POTENTIEL TORNADIQUE.

La vague de chaleur que le Québec connaît va prendre fin pour plusieurs régions avec le passage d’un bon système jeudi. Il existe un risque d’orages avec du temps violent, voire même de tornade sur l’ouest de la province pendant cette journée. Cependant il s’agit d’un risque très conditionnel, voici pourquoi.

Cette dépression va apporter un solide front froid qui va servir d’élément déclencheur pour le soulèvement.

Front froid sur l’ouest du Québec.

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Ce front froid ne devrait pas se déplacer très rapidement, ce qui est un plus pour les orages car il y a moins de chances que l’air plus froid coupent leurs courants ascendants. Cependant, avec la position de celui-ci, les chances que les orages deviennent une ou plusieurs lignes, sont très probable, sans compter qu’il n’y aura pratiquement pas de CAP cette journée-là. Les lignes ne favorisent pas les orages supercellulaires la plupart du temps.

Téphigramme et Hodographe prévue pour l’ouest du Québec en après-midi.

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Le CAP, où inversion de température, est une sorte de « bouchon » atmosphérique qui empêche la convection. Lorsqu’il n’y a aucun CAP et qu’une atmosphère est instable, la convection a tendance à beaucoup se créer un peu partout. Cela mène à beaucoup d’interaction entre les cellules et à un affaiblissement collectif de celles-ci. Donc, les orages lèvent, interagissent rapidement ensemble et devienne un gros « amalgame » de pluie rapidement.

On voit sur le téphigramme que la ligne verte (humidité) et la ligne rouge (température) sont très près l’une de l’autre pendant longtemps en hauteur dans l’atmosphère. C’est un signe que c’est très humide et donc dans ce cas-ci probablement très pluvieux. C’est ce que ça semble suggérer pour jeudi.

Cependant, le cisaillement montre des valeurs impressionnantes, que ce soit dans les bas et moyens niveaux, le seuil requis pour la formation de supercellule et de tornade est largement atteint. De plus, avec l’Hodographe, le cisaillement directionnel avec le sens et la vitesse de déplacement des orages montrent que l’helicité requise pour la rotation des courants ascendants est elle aussi très large. Au point même que la possibilité de fortes tornades (EF2+) est présente, surtout si des orages deviennent « right mover » donc qu’elle bougent à droite du vent principale en altitude.

Les modèles eux montrent que la convection prendra naissance en début d’après-midi sur le Témiscamingue et l’Abitibi, les deux régions qui sont le plus susceptible dans le moment de voir du temps violent. Cela montre que de la convection pourrait rester isolé au début de l’évènement. C’est à ce moment que les risques de supercellules seront le plus grand.

Image radar simulée.

Radar

Tout cela mis ensemble fait que le risque que des tornades prennent naissance jeudi demeure faible. Il est plus probable que des orages se forment mais ce « mélange » rapidement ensemble et fassent des lignes orageuses et/ou beaucoup de pluie. Par contre, si des supercellules se forment au début de la journée et/ou plus tard et qu’elles restent isolées, le potentiel qu’elle produise une tornade est assez important.

P-M Doucet.

Prévisions du 14 au 17 Aout 2015, risque d’orages lundi.

Carte des températures prévues pour dimanche.

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 La fin de semaine à venir sera pas mal chaude car un front chaud va commencer à toucher le Québec dès vendredi et apportera un peu de pluie sur l’ouest et le centre (Abitibi, Mauricie, Lac St-Jean principalement). Il y a aussi un petit risque d’orages associé à ce front chaud. Pour la journée de samedi, il y aura des risques d’averse principalement sur la rive-sud du fleuve, donc pour les régions de la Montérégie, l’Estrie, et la Beauce.

Dimanche, les températures seront très chaudes sur l’ensemble de la province. Plusieurs régions pourront atteindre le 30°C avec une sensation d’humidex près des 40°C. Beaucoup d’inconfort en vue.

Pour lundi, un bon front froid va faire son entrée par l’ouest de la province. Celui-ci va descendre au courant de la journée et des orages forts à violents pourraient se former devant car il semble qu’il y aura assez d’énergie accumulée avec la chaleur et l’humidité des jours précédents. C’est encore loin cependant, donc il faudra voir le timming de ce scénario ainsi que le mode convectif et quelles régions exactement seront les plus affectés. Pour l’instant, il semble que le mode convectif soit surtout une ligne d’orages mais des supercellules discrètes sont toujours possibles dans les zones où le cisaillement du vent sera moins en parallèle avec le front froid. À suivre.

Possible position du front froid en fin de journée sur le Québec lundi.

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P-M Doucet.

Chasse du 11 Juillet 2009 – Tornade à Boisbriand

Texte :Pierre-Marc Doucet

Photos: Pierre-Marc Doucet

Vidéo: Pierre-Marc Doucet

Membre présent: Pierre-Marc Doucet, Jeff Lacroix,

Aussi avec nous: Bianka Ethier

Scénario météo

Cela faisait déjà plusieurs jours que je surveillais cette journée car le potentiel pour des orages supercellulaires et même des tornades était présent. Un bon creux à 500mb bien positionné près de baie d’Hudson/baie James était présent et un front froid vigoureux avançait sur la province. Le tout était combiné avec un bon cisaillement 0-6 km de 35 noeuds, un peu d’énergie et une bonne helicité avec un courant-jet de bas niveau intéressant nous promettais de bonnes choses ! Cependant il y avait beaucoup de nuages et de pluie cette journée-là. Il fallait impérativement que le soleil se pointe le bout du nez pour déstabiliser l’atmosphère. Ce fut le cas en début de soirée et les meilleurs ingrédients se retrouvaient dans la zone encerclé en rouge. La flèche indique l’orage qui a produit 2 tornades (l’autre étant capté par un autre chasseur, Allan Theunissen), sur le flanc arrière de la ligne de précipitation.

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Voici une image radar de la cellule où nous étions à Boisbriand. Il s’agit de celle encerclée en blanc, tandis que celle en Jaune représente la 2eme cellule que nous avons eue plus tard.

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Malheureusement pour moi, je travaillais cette journée ! Je souhaitais de tout coeur que le meilleur moment se produise après mon travail. Après des pluies torrentielles dans la journée, je me dirigeais chez moi alors que Jeff devait m’y rejoindre. Juste un peu après mon amie Bianka m’appelle pour savoir si elle peut se joindre à nous, je lui dis pas de problème mais qu’il faut faire vite car nous étions sur le point de partir vers le secteur de Mirabel/Lachute.

Déroulement de la chasse

Nous partons donc vers 19h avec l’espoir d’intercepter les cellules qui s’avançaient de l’Outaouais. Je me disais qu’il était fort possible que nous ayons des surprises en chemin car avant de partir, j’avais vérifié les indices météo et tout semblait concorder pour dire que la partie de l’Outaouais jusque dans Lanaudière était celle qui avait le plus de chances d’avoir une tornade. À l’époque nous n’avions pas internet dans notre véhicule et nous devions vraiment tout vérifier avant de partir.

En route sur la 640 ouest, rendu un peu avant Boisbriand près de la 117, nous commençons a voir un nuage très bas et imposant au loin. Plus on se rapprochait de ce fameux nuage, qui était le mésocyclone, plus on voyait un nuage mûr prendre forme sous celui-ci !

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Arrivé près de la 15, on se demande si on doit prendre celle-ci ou continuer sur la 640. À la dernière minute nous prenons la décision de continuer sur celle-ci. L’avenir nous donnera vite raison puisque le nuage mûr en question montrait une rotation très évidente, voire même violente à ce moment.

On commence alors à soupçonner une tornade à côté de nous mais nous ne voyons rien à cause des bâtiments et arbres qui cachaient la vue. Cependant lorsque nous sommes arrivés à un endroit plus dégagé, nous avons alors aperçu la tornade au sol tourbillonnant violemment. Nous avons remarqué des débris qui tournaient autour d’elle, mais la tornade était vraiment proche de nous… à environ 400-500 mètres et fonçait directement dans notre direction ! Pas de temps à perdre, il fallait se tasser le plus rapidement possible !

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La tornade avait levé du sol à ce moment mais le nuage-mûr avec la forte rotation était toujours visible avant que la tornade redevienne visible au sol à nouveau !

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Tornade+16

À peine remis de nos émotions et de mon appel à Environnement Canada pour leur faire notre rapport de la situation, nous allons sur l’autoroute 13 sud dans l’espoir de continuer à suivre ce monstre. Nous nous arrêtons sur le bord de l’autoroute pour prendre des clichés et vidéos de ce merveilleux nuage-mûr en rotation rapide. À noter qu’à ce moment un quartier résidentiel était touché par la tornade.

On peut voir sur la prochaine photo la structure de l’orage avec la forme de fer à cheval et le fameux RFD qui coupe au centre (zone plus claire) et le mésocyclone avec le nuage-mûr en dessous. La tornade était au sol mais l’entonnoir de condensation n’était pas très visible.

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 La tornade était au sol à ce moment au centre de l’image, sans être condensée.

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Voici une petite vidéo de la séquence où on voit bien la rotation.

 

Le nuage commençait à s’éloigner de nous, nous décidons donc de prendre la 344 pour voir si nous pouvons continuer à le suivre. Cependant lorsque nous sommes arrivé dans Boisbriand, plusieurs dégâts étaient visible. Nous avons donc arrêté la chasse pour voir si les gens avaient besoin d’aide, prendre des photos et aviser Environnement Canada de ce que nous voyons. Le toit d’une station-service a été arraché, celui d’un restaurant aussi en partie, une tente roulotte renversé ainsi que beaucoup d’arbres cassés où déracinés, c’était assez impressionnant ! Beaucoup de gens étaient dans les rues et semblaient déboussolé, avec raison.

La station-service qui a perdu son toit.

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Beaucoup d’arbres cassés et déracinés.

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La toiture d’un restaurant partiellement arrachée.

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Après avoir investigué un peu sur les lieux, la cellule que nous surveillions en Outaouais s’approchait de nous. C’était le temps de repartir ! Cette cellule était très active côté foudre et avait encore de très belles structures nuageuses, cependant la noirceur tombait beaucoup et il devenait impossible de les prendre en photos.

Nous décidons de partir vers Ste-Anne-des-plaines pour avoir une belle vue globale des orages avec les champs là-bas. Nous y avons vu quelques beaux éclairs CG et des « crawler ». Cependant un beau roll cloud s’amenait sur nous aussi ! Parfois les éclairs étaient si forts que le nuage apparaissait comme en plein jour.

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Les orages commençaient à se déplacer plus vers l’est, nous trouvons un petit coin à St-Lin pour l’activité restante mais cependant nous n’avons pas vraiment pus suivre le reste.

Ce fut une journée tout simplement inoubliable pour moi, Jeff et Bianka. Notre rêve s’est réalisé en ce jour du 11 Juillet 2009, ce rêve bien sur était celui de voir une tornade de nos propres yeux ! Environnement Canada a par la suite confirmé qu’il s’agissait d’une F-1 avec des vents de 120 à 150 km/h. Il ne faut cependant pas oublier que ces évènements ne font pas que des heureux. Plusieurs personnes ont subi des lourds dommages à leurs propriétés mais heureusement, aucune mort ni blessures n’ont été rapportés.

Beaucoup de pluie dans le sud du Québec.

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Plusieurs zones vont recevoir beaucoup d’eau dès ce soir jusqu’à tard demain. Les régions de l’Outaouais, des Laurentides, Lanaudière, Montréal, Mauricie, Québec et la partie nord de la Montérégie pourront recevoir un 30 à 50mm. Certaines de ces régions, surtout au nord du fleuve pourraient même recevoir jusqu’à 75mm !

À noter aussi que les vents seront de la partie, surtout demain en journée. Ils seront présents surtout dans la vallée du St-Laurent et sur la rive sud en terrain plus élevé. Des rafales de plus de 50 km/h sont envisageables. Les températures resteront fraiches et le temps gris pour mercredi aussi sur la majorité de la province.

Bref, un temps très automnal pour le milieu de la semaine.

Pierre-Marc Doucet.

Analyse visuelle d’une supercellule classique

Photo d’une supercellule classique près de St-Césaire au Québec.

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 Les orages supercellulaires sont parmi les tempêtes les plus fortes sur terre et les plus fascinantes à regarder. Mais comment décortiquer leurs structures et savoir ce qui se passe ? Voici une petite représentation de ce qui se passe visuellement avec ce type d’orages.

Tout d’abord, une supercellule est un orage avec un courant ascendant en rotation. On appelle aussi ce courant le mésocyclone. Il est représenté ici par la flèche mauve qui monte dans l’orage. Ce courant fait plusieurs kilomètres de haut dans l’atmosphère. À la base de ce courant ascendant, on remarque une forme arrondie, il s’agit de la base du courant représenté par la ligne rouge courbée en continu. La base prend souvent la forme d’un fer à cheval.

On peut remarquer le wall-cloud (nuage mûr) qui se forme à la limite du RFD, FFD et de l’influx d’air chaud. Ce nuage se forme car il y a condensation de la vapeur d’eau plus proche du sol à cet endroit. Cependant, il n’y a parfois pas de wall-cloud présent.

Quand on parle du FFD, il s’agit du « Foward Flank Downdraft » ou le courant descendant du flanc avant. Il s’agit de la zone où la majorité des précipitations de l’orage se trouvent. Vu que cette zone est fortement refroidie par la pluie et la grêle, elle forme un front chaud à petite échelle avec l’influx d’air chaud et humide devant la supercellule. Cela est représenté par les flèches rouges qui entre dans l’orage et par la ligne pointillée qui représente le petit front chaud.

On remarque aussi derrière la structure principale une zone plus claire. Cette zone claire, aussi appelé « clear slot » en anglais est le RFD, le « Rear Flank Downdraft » ou le courant descendant du flanc arrière. Il s’agit de l’endroit où les courants d’air descendant plus froid et sec de l’orage arrivent. Cela forme aussi un front du RFD qui agit comme un petit front froid. Le tout est représenté par les flèches bleues et la ligne pointillée bleue.

L’intersection de toute cette genèse est représentée par l’étoile rouge. C’est dans cette zone qu’une tornade se formera si tous les éléments se rencontrent au bon moment. Si le RFD accélère, il arrivera au sol et aura tendance à remonter et s’envelopper dans le courant ascendant en faisant un mouvement cyclonique ce qui créera un étirement de l’air plus froid et sec vers le sol et de l’air plus chaud et humide vers le ciel. Un fort tourbillon en résultera ce qui deviendra notre tornade. D’autres conditions doivent aussi être en place, sinon il ne se passera rien. Le RFD ne doit pas être trop froid non plus, sinon il viendra nuire plus qu’aider à la formation d’une tornade.

Il y a aussi une étoile bleue sur l’image. Elle représente une zone ou une tornade anticyclonique peut se former. Il faut donc faire attention et toujours surveiller cet endroit aussi. Cela demeure rare mais dans les cas ou l’atmosphère est explosive et que le risque de tornades violentes est présent, cela a plus tendance à se produire. Il s’agit probablement encore du mécanisme du RFD qui en arrivant au sol, cette fois si courbe dans le sens contraire et produit aussi du tourbillon dans cette zone. Les tornades anticycloniques sont souvent moins fortes, mais ont déjà été reconnues pour causer des dégâts de EF2 (vents de 180 à 220 km/h).

Noter que les étoiles sont placées à des endroits spécifiques, mais il faut surveiller toutes les zones de la base dans les alentours.

Image rapprochée de la supercellule montrant les mêmes aspects discutés.

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Image d’un angle frontal de la supercellule. La légende demeure la même que pour les images précédentes. Remarquer qu’il n’y a pas de wall-cloud cette fois.

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Texte: Pierre-Marc Doucet

Photos: Mathieu Lussier

Inspiré d’une chronique vidéo du chasseur américain Skip Talbot.

Chasse d’orage du 28 juillet 2015

Texte :Mathieu Bordage et Pierre-Marc Doucet

Photos: Mathieu Lussier, Pierre-Marc Doucet, Jolyane Limoges,

Vidéo: Pierre-Marc Doucet, Mathieu Lussier

Membre présent: Pierre-Marc Doucet, Jolyane Limoges, Mathieu Lussier,

Scénario météo

Le potentiel de voir des orages violents était bien présent sur le Québec cette journée-la. Il y avait cependant une bonne ombre au tableau, un gros CAP. Le CAP est une inversion de température en altitude qui empêche la convection. Elle est représentée par la flèche rouge sur le téphigramme de Maniwaki.

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Les autres ingrédients allaient être bon par contre. Représenté par la flèche bleue sur le téphigramme, on voit que les vents en altitude étaient assez forts du nord-ouest. Cela allait donner du bon cisaillement pour les orages, ce qui est un ingrédient clé pour la formation de supercellule.

Le graphique en haut à droite représente une coupe verticale des vents dans l’atmosphère. Celui-ci montrait un profil plutôt linéaire. Cela indique généralement que les orages vont avoir tendance à se scinder en deux. Cela rajoute une étape de plus pour le potentiel tornadique mais si les ingrédients sont bons, cela peut toujours se passer, dans ce cas-ci, surtout avec l’orage qui dévie à la droite du vecteur des vents de l’atmosphère.

Un faible front froid s’étendait aussi de l’Abitibi vers le lac St-Jean dans la journée. Des petits orages s’étaient formés dans la nuit sur ce front et avançaient vers le sud. L’influence de ce front qui était devenu quasi-stationnaire ne se ferait probablement pas sentir par contre. C’est plutôt une zone de convergence le long des montagnes bordant la vallée du St-Laurent qui servira de soulèvement pour notre orage.

Champ de cumulus en développement au nord-ouest du lac St-Pierre en milieu d’après-midi.

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Un peu plus tard, un orage était développement.

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Avec la chaleur et l’humidité qui donnait une bonne quantité d’énergie, tout était en place pour que des orages violents éclatent, si le CAP s’érodait. Les zones sur l’ouest du Québec étaient de plus en plus sous l’effet d’une crête qui apportait plus de chaleur en altitude. Cependant, une zone au centre sud du Québec, à l’est de Montréal, montrait des températures un peu plus froides en altitude, ce qui a permis au CAP de lâcher en fin d’après-midi. Voici la carte de 700mb (3 km en altitude) en soirée dans le sud du Québec, la pointe de la flèche rouge représente l’endroit en question.

Un CAP trop fort empêche toute convection, c’est vrai, mais un CAP qui lâche seulement par endroits, comme ce fut le cas cette journée-là, empêche aussi que trop d’orages se forment et se nuisent entre eux.

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La prochaine carte est une carte de surface et montre dans le cercle rouge la zone à l’est de Montréal où les orages ont pris de la force en soirée. La flèche rouge montre la direction des vents en basse altitude alors que la flèche bleue montre les vents en haute altitude. On voit que les vents sont alignés de façon à ce qu’il y ait du tourbillon en montant dans l’atmosphère. Le cisaillement 0-6 km était d’environ 40 noeuds à ce moment, ce qui est parfait pour des supercellules classiques.

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Déroulement de la chasse

En milieu d’après-midi, lorsque les cellules ont commencé à se former près du lac St-Pierre, Mathieu Lussier part de Saint-Hubert en direction des orages qui se transforment en supercellule rapidement. Mathieu rapportait de la rotation à Sainte-Pie. Quelques minutes plus tard un entonnoir se forme sous le nuage mûr. Un peu avant, l’orage principal s’était scindé en deux, comme le suggérait le profil des vents cette journée-là, et la supercellule « right mover » prenait en force.

Quelques km plus loin, la même cellule donne de la grosse grêle. Entre 2 et 4 cm ! De plus des vents entre 100 et 120 km/h voire plus, par endroits. Plusieurs personnes ont rapporté des dommages dans les secteurs de Rougemont et les environs.

Jolyane Limoges et Pierre-Marc Doucet sont partis chasser tout de suite après avoir fini de travailler vers 18h30. En approchant de l’orage, ils ont pus voir un superbe mésocyclone. Celui-ci a produit un wall-cloud en rotation et possiblement un entonnoir qui a duré environ 2-3 minutes (à voir dans leur vidéo). Par la suite, ils ont suivi l’orage jusqu’à Cowansville et ont « core puncher » dans le RFD pour tenter de se rendre jusqu’à la base de l’orage. Celle-ci était à peine visible dans les précipitations et les vents qui soufflait environ à 70-80 km/h. Plusieurs petites branches cassaient sur la route à ce moment.

L’orage s’est finalement déplacé vers la frontière Américaine vers 20h00.

Environnement Canada avait émis des alertes d’orages violents pour plusieurs secteurs du sud du Québec avec une mention du risque de tornade.

Voici les photos de Mathieu Lussier.

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 Collaboration de Nicolas Lessard.

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Photos de Pierre-Marc Doucet et Jolyane Limoges.

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Vidéo de la chasse de Pierre-Marc Doucet et Jolyane Limoges.

Vidéos de Mathieu Lussier.

Vague de chaleur à venir.

Pendant que le week-end sera assez incertain sur plusieurs secteurs, la majorité de la semaine prochaine elle devrait être assez chaude.

Un front chaud va faire son entrée sur le Québec dimanche, avec lui il apportera des précipitations et un risque d’orages sur plusieurs secteurs. Le risque que les orages soient violents semble faible par contre.

Carte des températures à 850mb dimanche soir.

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Avec l’arrivée de ce front, les températures et l’humidité vont augmenter sur une bonne partie du Québec. Surtout sur le sud et l’ouest. De lundi à jeudi, les températures pourraient dépasser le 30°C avec un humidex entre 35 et 40°C. Pendant la période de lundi à mercredi, le temps devrait demeurer assez calme.

Carte des températures de surface mercredi.

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Par la suite, il faudra voir avec le « timming » car c’est encore loin, mais jeudi ou vendredi, un front froid fera son arrivée par l’ouest du Québec. Il est trop tôt pour savoir quel sera la force de son impact sur la province mais le risque d’orages sera définitivement présent vers la fin de la semaine. Nous en saurons davantage plus la semaine avancera.

Carte des températures à 850mb jeudi soir.

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P-M Doucet.

Micro rafale à l’Île d’Orléans le 11 juillet 2015

Mise à jour : Environnement Canada à confirmée une micro rafale avec des vents à 120 km/h !

Samedi en début de soirée, une forte supercellule c’est formée sur la rive nord du fleuve à Québec. Déjà elle montrait des signes de rotation au radar et quelques observateurs de notre page nous ont rapporté un possible nuage en entonnoir.

Mathieu Bordage c’est rendu sur place en fin de journée dimanche pour voir les dommages. Dans le petit village de Sainte-Pétronille sur l’Île d’Orléans, il y a plusieurs arbres cassés, déracinés même un poteau de téléphone est entré dans le sous toit d’une maison. Des dommages assez considérable. Environnement Canada devrait se rendre sur les lieux lundi le 13 juillet pour faire une évaluation des dommages plus approfondie.

Photo Mathieu Bordage

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El Nino majeur en vue ? Si oui, quelles conséquences pour le Québec ?

Certains médias commencent à s’alarmer sur le fait qu’un El Nino historique pourrait survenir plus tard cette année. Le dernier évènement El Nino d’une telle ampleur prévue, date de 1997-1998. Qu’en est-il en réalité et qu’elle serait les conséquences au Québec ?

El Nino est un changement de la température à la surface de l’eau près de l’équateur dans l’océan Pacifique. Son phénomène contraire est appelé La Nina. Les courants marins et atmosphérique sont interconnectés, donc quand l’eau change de température, cela a tendance à affecter le mouvement de l’atmosphère.

Les modèles à très long terme montrent que c’est une possibilité car les eaux sont anormalement chaudes dans la zone où le phénomène se développe. Une autre indication qui amène à penser qu’un El Nino serait fort cette année est l’indice PDO (Pacific Decadal Oscillation). Il s’agit d’une variation de la température à la surface de l’océan Pacifique et qui déplacent la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs années, voire même parfois décennie. Le PDO arrive en deux phases, la phase chaude (ou positive) ou la température de l’eau est plus chaude sur la côte-ouest de l’Amérique du nord et plus froide dans le centre du Pacifique. La phase froide (ou négative) est le contraire, l’eau est plus froide que la normale près de la côte-ouest de l’Amérique du nord alors qu’elle est plus chaude au centre du Pacifique.

Carte des anomalies de température à la surface de l’océan pour la semaine du 1er juillet 2015. El Nino et le PDO + sont bien visibles.

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Le PDO est donc présentement dans sa phase chaude. Plusieurs études tendent à démontrer que lorsqu’un El Nino se forme dans un moment ou le PDO+ est présent, les deux phénomènes interagissent et s’accentuent. La même chose est aussi vraie lors de La Nina (contraire de El Nino) et la phase PDO-.

Maintenant, la météo reste la météo, les modèles ne sont pas parfaits et cela peut changer rapidement. Pour parler d’un évènement El Nino majeur, cela doit se dérouler sur plusieurs mois. Il existe des exemples ou la température de l’océan s’est beaucoup réchauffer rapidement à l’équateur, ce qui a mener les experts à penser qu’un fort El Nino se développait, alors qu’il en était rien car l’atmosphère n’a pas répondu à ce réchauffement qui a duré environ 1 mois seulement avant de décliner. C’est arrivé en outre en Novembre 2014.

El Nino est un phénomène beaucoup plus visible l’hiver aussi. Il est beaucoup plus difficile de voir ses répercussions en été dans l’hémisphère nord. C’est une autre raison pourquoi il ne faut pas s’emballer trop vite.

Les conséquences d’un El Nino majeur au Québec.

Est-ce qu’un fort El Nino apporte un climat différent sur le Québec ? Il est en fait difficile de le prouver. Voici à quoi ressemble un pattern typique El Nino en hiver pour l’Amérique du nord.

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Le courant-jet polaire a tendance à plonger sur nos régions. Généralement cela indique du temps perturbé, surtout pour le sud de la province alors que le nord aurait du temps plus froid. Cependant vu que le courant-jet polaire reste près et que le courant-jet Pacifique est plus fort, celui-ci va peut-être plus bloquer les très grandes descentes d’air froid sur nos régions. Il en résulterait d’un hiver un peu plus doux que la normale. Concernant les tempêtes de neige, avec un courant-jet Pacifique plus fort, le nombre de perturbation au sud des USA risque d’être plus grand. Si la configuration atmosphérique s’y prête bien et que le courant-jet polaire réussit à descendre vers le sud et remonter plus sur nos régions (flux méridionale) le potentiel de bonnes tempêtes de neige de type Nor’easter est présent. CLIQUEZ ICI POUR LIRE SUR LA FORMATION D’UN NOR’EASTER

Est-ce qu’il y aurait plus de précipitations et en outre du verglas ? On entend souvent parler que la fameuse tempête de verglas de 1998 était dû en partie à cause d’El Nino. Encore une fois, difficile à confirmer. Le verglas de 1998 a été causé par une multitude de facteurs, en outre un fort anticyclone et la direction des vents à prédominance nord-est à l’approche des systèmes, ce qui a servi de réservoir d’air froid au sol dans la vallée du St-Laurent. Par contre, El Nino a surement joué un rôle avec la configuration atmosphérique qui était présente.

Voici un schéma qui montre les anomalies de précipitations aux USA pendant des années El Nino majeur, moyen et faible. Les phénomènes majeurs sont les images en haut à partir de la gauche. Le vert pâle et foncé montre des anomalies positives de précipitations alors que le brun et le beige montre des anomalies négatives.

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Encerclé en rouge, il s’agit du nord-est américain, donc nos états voisins. On peut voir que pour les 7 évènements majeurs survenus depuis 1950, il y en a eu vraiment 3 ou on peut dire que les précipitations ont été au-dessus de la normale. Pour les 4 autres, c’était pas mal dans la normale ou en dessous. On ne peut donc affirmer qu »un El Nino majeur, sans autre interaction atmosphérique, apporte plus ou moins de précipitations dans le sud du Québec.

Donc pour résumé, dans le moment il est impossible d’affirmer avec certitude si El Nino serait majeur cette année. Il faudra attendre encore plusieurs semaines, voire mois avant de réellement pouvoir mesurer l’impact. Nous sommes tout de même déjà en pattern El Nino avec un PDO+, ce qui augmente un peu le risque. Reste à voir s’il se matérialisera.

Si c’est le cas, le sud du Québec pourrait connaitre un hiver un peu plus doux que la normale et connaitre des bonnes tempêtes de neige avec une configuration atmosphérique particulière.

CET ARTICLE EST SEULEMENT UNE DISCUSSION ET UNE HYPOTHÈSE CONCERNANT LE GENRE D’HIVER QUE NOUS POUVONS AVOIR. EN AUCUN CAS IL NE FAUT LE PRENDRE POUR ACQUIS OU COMME UNE PRÉVISION.

Pierre-Marc Doucet.